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Quatre ouvriers pleins d’avenir


Publié le 21/01/2009

 

Quatre soudeurs intérimaires se sont envolés sur un chantier malgache. Le métier a de l’avenir. La main-d’œuvre se fait rare et les salaires élevés séduisent. Azedine, Franck, Cyrille et Didier se sont reconvertis dans cette branche, sans regrets.

Azedine, Franck, Cyrille et Didier sont quatre garçons pleins d’avenir. Ils sont devenus soudeurs. Une vocation venue les chatouiller sur le tard. Aujourd’hui, tous sont intérimaires dans l’entreprise Ziemann à Sarre-Union spécialisée dans la cuverie en inox. Tous sont passés par les ateliers de l’Institut professionnel de formation (IPS) à Forbach. Tous ont embarqué récemment pour Madagascar avec la ferme intention de s’y exercer. «Plus on travaille, plus on a le sourire », explique Didier, 35 ans. Payés 7 € nets de plus par heure, le calcul est, en effet, facile à faire. Le quatuor, originaire du secteur de Forbach, a négocié son départ sur le chantier malgache où ils vont œuvrer pendant dix semaines. «Ziemann a des chantiers en cours dans le monde entier », raconte Didier. Et les opportunités d’y travailler sont rares. Ce groupe de soudeurs a été choisi parmi les treize intérimaires et une soixantaine de CDI que compte la société. «Les intérims savent faire des choses que les employés fixes ne font pas. Nous sommes plus appliqués, car nous avons eu une formation », souligne Franck. «Les anciens ont appris sur le terrain. Ils sont meilleurs sur la grosse artillerie », lance Didier. L’engouement soudain de ces travailleurs pour la soudure n’est pas un hasard. Ce métier est arrivé dans leur parcours professionnel à un moment où argent et reconnaissance se faisaient attendre. Tous deux âgés de 30 ans, Franck et Cyrille travaillaient à la chaîne chez Smart à Hambach. «Mais il n’y avait plus d’évolution possible », relèvent-ils.

 

Rudesse du métier

 

Azedine, lui, avait jusque-là enfilé plusieurs casquettes dans le monde de l’industrie. Didier, enfin, était cuisinier dans le domaine hospitalier. «Et le salaire n’était pas génial.» Il a quitté son statut de fonctionnaire sans regrets pour la précarité de l’intérim. «Un jour, j’ai lu que les intérimaires avaient droit à une formation. L’IPS était à Forbach, alors j’y suis allé », se souvient-il. Désormais, sa réputation n’est plus à faire dans le milieu. De la centrale nucléaire de Cattenom aux cuves à champagne Veuve-Clicquot : «Si on veut être connu, il faut accepter de bouger », explique Didier, quatre années de pratique au compteur. Et l’idée de décrocher un contrat à durée indéterminée ne les intéresse pas. «On ne gagnerait pas autant », justifie Franck. Outre l’intérêt financier du métier, Azedine, 43 ans et doyen du groupe, en souligne malgré tout la rudesse. «On est amené à travailler en extérieur, par tous les temps, dans des positions pas toujours évidentes », insiste-t-il. Davantage décidés à cumuler les heures plutôt que de jouer les touristes, Franck, Cyrille, Didier et Azédine ont tout de même préparé leur départ plusieurs mois à l’avance. «Nous partons pour Antsirabe, au centre de l’île, à environ 120 km de la capitale.» Un nouveau chantier qui devrait donner de l’épaisseur à leur carnet d’adresses et leur ouvrir de nouveaux horizons.

 

 

Source: http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/293846/Quatre-ouvriers-pleins-d-avenir.html